Connaissez-vous la différence entre charge glycémique et indice glycémique ?

La question de la semaine en rapport avec la charge glycémique

Cette semaine, c’est à la question de Nina que je réponds, à travers une vidéo dans laquelle je m’attarde un peu sur la notion de charge glycémique.

La question de Nina est une question très spécifique en rapport avec ce qu’elle a appris à propos de la consommation du lait (de vache) et de ses répercussions sur l’indice insulinique. Voici, en résumé, sa question : comment se fait-il qu’un produit laitier fasse augmenter le taux d’insuline alors que sa charge glycémique est basse ? Et quelles sont les répercussions sur la prise de graisse ? Enfin, comment faut-il consommer les laitages, puisqu’ils ont peut-être un effet néfaste sur la prise de poids ?

La charge glycémique des laitages : un leurre ?

Ces questions sont extrêmement pertinentes. Il est vrai que le lait et tous les produits laitiers ont une place un peu particulière dans la table des indices glycémiques. Bien que tous ces produits aient un indice glycémique bas et une charge glycémique basse, ils provoquent une réponse insulinique élevée. Et, à vrai dire, on ne sait pas trop pourquoi il en va ainsi…

Quelle différence entre charge glycémique et indice glycémique ?

Bien que sa charge glycémique soit faible, le lait provoque une réponse insulinique élevée. C'est une exception...

Normalement, un aliment dont la charge glycémique est basse provoquera une faible réponse insulinique.

Comment se calcule la charge glycémique ?

On calcule la charge glycémique de cette manière : CG (charge glycémique) = Glu (quantité de glucides dans 100gr d’un aliment) x IG (indice glycémique de cet aliment) / 100

Ce qui veut dire que certains aliments, qui ont un index glycémique élevé, peuvent avoir une charge glycémique relativement basse. C’est le cas de la bière (IG=110 et CG=6), du melon (IG=65 et CG=4) ou encore de la pastèque (IG=75 et CG=5). Malgré leur index glycémique élevé, il ne faut pas considérer ces aliments comme étant à bannir d’office d’un régime brûle graisse. Ils peuvent être pris en quantités modérées sans aucun souci…

Mais que faire avec les laitages ?

Les laitages provoquent une réponse insulinique similaire à celle qu’on observe pour le pain blanc. C’est énorme ! Le pain blanc a une charge glycémique de 49, alors que le lait a une charge glycémique de +/- 2…

“C’est grave docteur ?”

Pas nécessairement. Si on ne consomme pas les produits laitiers en même temps que des aliments dont la charge glycémique est élevée, il n’y a aucune raison de penser que votre corps stockera davantage de graisses à cause d’un taux d’insuline élevé.

Par ailleurs, je n’ai pas encore développé la question sur ce blog, mais la consommation de lait de vache (et de tous les produits qui en sont dérivés) n’est pas spécialement recommandée pour l’être humain. Pour une série de raisons que je ne vais pas développer ici.

Mais, intuitivement, vous pouvez sans doute comprendre que le lait, originellement destiné à un mammifère comme le veau, n’est pas nécessairement adapté à l’être humain qui n’a pas les mêmes besoins nutritifs que le veau…

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Crédit photo : Fotolia

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A propos de l'auteur Didier Henry

De formation "juridico-économique", j'ai grandi dans une famille de médecins et je suis aujourd'hui graphiste. Un parcours santé inhabituel m'a donné l'idée de créer ce blog.Mon "credo" : c'est en apprenant et en comprenant comment fonctionne son corps qu'on parvient à maîtriser ses éventuelles insuffisances. Et c'est en appliquant ce qu'on a appris qu'on se libère de "nos petits malheurs" ;-)

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7 commentaires
Aude dit

Je ne connaissais pas cette nuance entre indice et charge ! Merci ne m’avoir éclairée.
Et pour le lait, je suis bien d’accord avec toi, ne sommes nous pas plutôt faits pour boire du lait de maman humaine ! 😉
Bon, un yaourt de temps en temps, why not ! Mais nous pouvons trouver nos sources de calcium ailleurs que dans le lait… ce que ne nous disent pas Danone and co !

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    Didier Henry dit

    Bonsoir Aude,

    Merci pour ton commentaire.

    Je suis ravi d’apprendre que j’ai pu t’enseigner quelque chose de nouveau… 😉

    Dans certaines parties du monde, par exemple en Europe du nord, les gens ont développé une enzyme pour digérer le lait, ce qui est moins le cas plus au sud de l’Europe. En asie, le lait est aussi beaucoup moins bien digéré parce que les peuplades n’ont pas “appris” à digérer le lait au cours des derniers millénaires. L’adaptation génétique ne s’est pas faite parce que les habitudes étaient différentes.

    Mais, comme tu dis, tout est une question de quantités. Un peu de produits laitiers de temps en temps est moins “traumatisant” qu’une consommation régulière…

    A bientôt !

    Répondre
anthony fontaine dit

Bonjour,
Je trouve votre article très interéssant !
J’ai fait plusieurs recherches en ce qui concerne l’indice insulunique des laitages mais je ne trouve rien ! Je suis moi même un GROS consommateur de laitages gras (mon lait est toujours entier, mon formage bien gras, je mange beaucoup de yaourts aussi).
Je sais que l’insuline est appréciée des culturistes pour ses vertus anabolisantes. Et là je me demandais quels sont les autres fonctions de l’insuline à part la régulation de la glycémie ? Y aurait-il une protéine précise dans le lait qui déclencherait l’anabolisme par le biais du l’insuline ? le lactosérum du lait (qui possède le plus fort indice insulinique) a détronné tous les autres compléments de protéines car il était bien plus anabolisant ! merci de bien vouloir faire suite à mon questionnement !

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Emelie de Sartiges dit

Le lait et les yogourts sont particulièrement en cause. Je lis dans Wikipédia: “Le lactose est un glucide naturellement présent dans le lait des mammifères. Le lactosérum (petit lait), obtenu après séparation des matières grasses et précipitation de la caséine, en est très riche, de 70 % à 75 % des matières sèches’
Donc les fromages sont faibles en lactose et je pense qu’il faut réellement les séparer du lait et des yogourts. La réponse insulinique est différente.

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Julien de Vivre Paléo dit

Bonjour à tous

Le lait provoque une réponse insulinique parce qu’il contient des protéines.

L’insuline est connue pour baisser la glycémie sanguine (en stockant le glucose en glycogène dans les muscles et en triglycérides dans les cellules adipeuses)
Mais l’insuline gère aussi les acides aminés en fabriquant des protéines.

Donc si vous mangez un produit protéiné (viande, œufs, lait, fromage), les acides aminés qui entreront dans le système sanguin suite à la digestion seront “pris en charge” par l’insuline, d’où le pic d’insuline.

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    Didier Henry dit

    Bonjour Julien,

    Merci pour ton intervention 🙂

    J’avoue que c’est la première fois que je lis cette explication qui justifierait le taux anormalement élevé de l’indice glycémique du lait. C’est séduisant, mais en même temps, ça pose quelques problèmes.

    En effet, si les aliments contenant beaucoup de protéines faisaient monter le taux d’insuline dans le sang, les repas contenant des protides seraient aussi “dangereux” pour la prise de poids que les repas contenant des glucides à l’indice glycémique élevé. Et ça, je n’arriverais pas à l’expliquer…

    Deuxième chose : pourquoi est-ce qu’un aliment comparable (le lait de soja, par exemple), n’a pas un index insulinique élevé, alors qu’il a une teneur en protéines similaire ?

    A bientôt,

    Didier

    Répondre
Julien de Vivre Paléo dit

Bonjour Didier

Ce n’est pas tant l’élévation de l’insuline qui est “dangereux” pour la prise de poids, mais bien la quantité de glucides qui sera transformée en gras (par l’insuline).

Je n’ai pas trouvé beaucoup de données fiables concernant l’index insulinique, mais il se peut que dans l’exemple du soja, d’autres substances (phyto-oestrogènes ?) agissent aussi sur le système hormonal et réduisent la production d’insuline.

A+

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